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Sédentarité et système nerveux 

  • 4 juin
  • 4 min de lecture


La sédentarité dérègle le cerveau de vos équipes (et ça se voit au travail) 


La sédentarité est aujourd’hui l’une des épidémies silencieuses les plus meurtrières.


Elle tue plus que le tabac, plus que l’alcool, plus que l’obésité.


Et pourtant, elle ne fait pas de bruit.


Elle s’installe doucement, sans douleur, sans alerte jusqu’au jour où le corps dit stop.


En entreprise, elle est partout :


  • dans les open-spaces,

  • dans les réunions interminables,

  • dans les journées passées devant un écran,

  • dans les métiers cognitifs sous tension,

  • dans les métiers physiques où les gestes sont répétitifs mais le corps reste “immobile” dans ses schémas.


La sédentarité n’est pas un manque de sport mais bel et bien un manque de mouvement.


C’est ce manque de mouvement qui est mis en cause notamment dans des dérèglements du système nerveux.


La sédentarité en 2025 : une définition plus large et plus précise.


En 2025, la sédentarité est définie comme tout comportement éveillé caractérisé par une faible dépense énergétique. Elle correspond au temps passé, assis, couché ou debout sans bouger (sans mouvement conduisant à une dépense d'énergie). 


Cela inclut :


  • travailler assis,

  • conduire,

  • regarder un écran,

  • rester statique debout,

  • être concentré longtemps sans bouger.


C’est pourquoi on parle aujourd’hui de sportifs sédentaires : 1h de sport par jour ne compense pas 8h à 10h assis.


Les nouvelles recommandations ANSES & OMS (2025)


Les recommandations ont évolué car les données sont alarmantes et les anciennes préconisations peu concluantes.


ANSES 2025


  • 2 minutes de mouvement toutes les 30 minutes de sédentarité.

  • Objectif : casser l’immobilité, relancer la circulation, réactiver le système nerveux.


OMS 2025


  • 150 à 300 minutes d’activité modérée par semaine 

  • Réduction drastique du temps assis prolongé.

  • Le risque augmente dès 4 heures assises consécutives.


Ces recommandations ne sont pas “bien-être”, elles sont vitales pour le cerveau, le cœur, les muscles, les hormones et par conséquent pour la performance au travail.


Pourquoi la sédentarité est un problème récent dans l’histoire humaine


Pendant 300 000 ans, l’humain a été :


  • chasseur,

  • cueilleur,

  • marcheur,

  • grimpeur,

  • porteur,

  • nomade.


Il bougeait par nécessité, pas par choix, le mouvement était sa survie.


Aujourd’hui, on peut :


  • travailler,

  • manger,

  • se divertir,

  • se déplacer,

  • communiquer


sans bouger de son canapé.


Le corps humain lui par contre n’a pas eu le temps d’évoluer pour s’adapter à cette nouveauté.


On comprend tout naturellement que cette sédentarité moderne est contre notre physiologie.


Le mouvement : une pharmacie naturelle pour le système nerveux


Chaque mouvement, même minime, déclenche une cascade hormonale :


Dopamine : Motivation, élan, clarté mentale, engagement.


Sérotonine : Stabilité émotionnelle, humeur, régulation du stress.


Noradrénaline : Attention, vigilance, prise de décision.


BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor) : neuroplasticité, apprentissage, mémoire, protection neuronale.


Axe HPA (Hypothalamo-Hypophyso-Surrénalien) : Régulation du cortisol → meilleure gestion du stress.


Le mouvement améliore immédiatement les capacités cognitives, émotionnelles et physiques.


Ce que la sédentarité fait au système nerveux (et pourquoi c’est délétère)


Sur le plan cognitif


  • baisse de la concentration,

  • ralentissement de la vitesse de traitement,

  • fatigue mentale,

  • erreurs d’inattention,

  • surcharge du cortex préfrontal.


Sur le plan émotionnel


  • irritabilité,

  • anxiété,

  • baisse de la tolérance au stress,

  • hyperactivation de l’amygdale (gestion de la peur)


Sur le plan physique

  • TMS,

  • raideurs,

  • douleurs cervicales/lombaires,

  • baisse de la proprioception (en lien avec le sentiment de sécurité)

  • diminution de la coordination.


La sédentarité dérègle le système nerveux dans sa globalité.


Une journée sédentaire : les effets immédiats (pas dans 40 ans)


Sans micro-pauses actives


  • brouillard mental dès 11h,

  • tensions cervicales dès 14h,

  • irritabilité en fin de journée,

  • perte de précision,

  • fatigue nerveuse,

  • charge mentale accrue.


Avec micro-pauses actives


  • regain d’énergie en 2 minutes,

  • meilleure concentration,

  • humeur stabilisée,

  • moins de douleurs,

  • meilleure prise de décision,

  • communication plus fluide.


Les bénéfices sont réels, instantanés et mesurables.  


On ne parle plus d’être en meilleure santé dans 40 ans ou à la retraite mais d’être opérationnel et performant dans les 10 prochaines minutes.


Exemple d’une journée de travail avec micro-pauses actives


Au réveil (2 minutes) : Mobilité articulaire douce → activer le système nerveux.


Arrivée au bureau : Reset sensorimoteur → clarté mentale.


Toutes les 30 minutes : Micro-mouvements discrets 


  • rotation d’épaules,

  • bascule du bassin,

  • étirement latéral,

  • lever/assis.


Avant une réunion : 30 secondes de mobilité → meilleure attention.


Pause déjeuner  : 5 minutes de marche → digestion + cognition.


Transition travail → maison : Décompression corporelle → éviter d’emporter la charge mentale chez soi.


Avant de dormir : Étirements doux → activer le parasympathique.


Par où commencer quand on est sédentaire et démotivé ?


1. La méthode des petits pas


Commencer par 1 micro-pause par jour.

Puis 2, Puis 3 (Rome ne s’est pas construite en 1 jour)


2. Choisir des mouvements invisibles


Pour éviter la gêne en open-space.


3. Associer une pause à un déclencheur


Exemples :


  • chaque fois que j’envoie un mail,

  • chaque fois que je change de tâche,

  • chaque fois que je me lève.


4. Tester plusieurs routines


Ce qui fonctionne pour l’un ne fonctionne pas pour l’autre.


5. Accepter l’échec


Une habitude se construit par essais/erreurs.


6. S’entourer


Collègue, ami, coach, RH → soutien = régularité.


7. Se rappeler : 2 minutes suffisent


On ne parle pas de sport, on parle de mouvement minimal efficace.


Conclusion : la sédentarité est un enjeux de santé publique et un enjeux pour nos cerveaux ! 


La sédentarité dérègle la chimie du cerveau, affaiblit les capacités cognitives, augmente la charge mentale et accélère l’usure professionnelle.


Le mouvement, lui, agit immédiatement, physiologiquement et surtout durablement.


C’est un outil de prévention primaire puissant, accessible et mesurable.  


C’est un levier stratégique pour les RH dont il faut s’emparer maintenant ! 


 
 
 

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